Souvent, en lisant certains articles, ou
certains posts sur différents forums, je me pose la question suivante. La carpe
serait elle un poisson si con qu’il suffirait de lui mettre n’importe quoi
devant le nez pour qu’elle se jette dessus. Car bien sûr, c‘est connu, pour
prendre des carpes, il faut être au bon endroit, au bon moment, c’est à dire
quand elle a faim. Cette citation, que l’on doit retrouver en moyenne 30 fois
par jour dans les différents forums est la pire ineptie qu’il m’ait été donnée
de lire. Car dire que pour prendre des carpes, il faut seulement être au bon
endroit ET au bon moment, c’est occulter bien des aspects de la pêche.
Lorsqu’on a repéré une zone où se trouvent des poissons, faut-il se résigner et
la quitter s’ils ne sont pas mordeurs, ou alors attendre qu’ils le
deviennent ????? Surtout pas,
puisque j’oubliais, la mode est à la mo-bi-li-té !!!… pour trouver des
poissons mordeurs. Ça se tient. Si je n’attrape rien, c’est que je ne suis pas
au bon endroit, ou que les poissons n’ont pas faim. Ouf, je n’ai rien à me
reprocher… N’est-ce pas faire preuve de suffisance que de ne pas se remettre en
question lorsqu’on n’attrape pas de carpe ? Lorsque je pêchais le poisson
blanc, il suffisait parfois de passer d’un bas de ligne en 8 centièmes et
hameçon de 20 à un bas de ligne en 6 centièmes avec hameçon de 24 pour doubler
le nombre de touches, sur un même coup. Ou alors de troquer un asticot contre
un vaseux pour passer d’une situation désespérée à une avalanche de touches.
Mais pour la carpe, point besoin de se compliquer la vie, un bonne tête de
ligne noire en 70 centièmes, avec la première bille de merde au bout montée sur
un clou et hop, suffit de passer du temps au bord de l’eau, ou plutôt d’être au
bon endroit au bon moment. De toute façon, la carpe, c’est un cochon, ça bouffe
n’importe quoi. Je ne vais pas me faire de copains, mais affirmer une telle
chose à un jeune qui débute la pêche de la carpe est la meilleure façon de le
dégoûter de la pêche à vitesse grand V. Car la technique, que cela soit la
recherche sur les montages, ou encore la fabrication des appâts fait partie de
la pêche, et dire le contraire à un jeune, c’est le priver de la joie d’essayer
des choses, de progresser par lui même, de se forger ses propres expériences.
Je me souviens de ces journées passées à essayer de confectionner l’appât
ultime. Je ne les ai jamais considérées comme des pertes de temps, car elles
m’ont permis d’apprendre sur certains aspects de la pêche de la carpe. Certes,
l’appât, ou le montage ne sont peut-être pas toujours primordiaux, mais ils ont
leur importance, et c’est souvent sur ces détails que l’on peut faire la
différence quand les conditions sont difficiles. Ce qui me fait rire, c’est que
ces personnes qui s’érigent en détenteurs de la vérité ne connaissent bien
souvent (comme par hasard) rien aux appâts … Et pas la peine de discuter
puisqu’il faut des preuves. Qui sont-ils, ces gens qui affirment détenir la
vérité et se donnent de la légitimité à coup de photos de poissons de plus
de 20 kg?
Un de ces maîtres de la carpe, à qui je citais
un jour une publication scientifique m’a répondu texto : «ce n’est pas
parce que ce sont des scientifiques qu’il faut croire ce qu’ils nous
disent». Heureusement, il y a beaucoup de carpistes qui ont su garder
cette curiosité, quitte à reconnaître qu’ils se sont trompés dans le passé…
Mais trêve de coups de gueule. Il y a quelques
années, en faisant des recherches sur le net, j’ai eu la chance de tomber sur
un livre de l’INRA qui n’a cessé de me convaincre de ne pas négliger les
appâts. Je vous en parlerai d’ici peu.

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