Cela sonne comme le titre d’un mauvais téléfilm de TF1. C’est hélas plus grave : cela résume la situation de la pêche en France. Quand on y vit et qu’on ne regarde pas hors de nos frontières et ne s’en rend pas toujours compte. On s’habitue à tout, au pire, c’est là le drame.
Mais, quand on revient de 10 jours aux Etats Unis le contraste est saisissant à tous points de vue. On se demande si on a changé de pays ou changé de planète tant l’eldorado américain est éloigné du marasme français. Attention, je ne suis pas un pro américain, « American way of life » ne m’a jamais fait vibrer et le modèle de société promu par les Etats Unis dans le monde n’est pas ma tasse de thé… ni mon gobelet de Coca Cola. J’arrivais donc là bas avec une certaine défiance, presque une méfiance. Mais bien vite il nous a fallu admettre qu’au niveau de la pêche les américains sont drôlement bien lotis. D’ailleurs, le permis de pêche est vert, comme la fameuse « Green card » qui sert de carte de séjour, une espèce de sésame. Demanderons nous l’asile halieutique ?
Fiers et enthousiastes
Les pêcheurs américains sont fiers. Fiers d’être pêcheurs, fiers des valeurs que peut porter la pêche notamment sur la relation à la nature. Leurs rivières sont immenses, ne parlons pas de leurs lacs. Tout le monde pêche ou a pêché, sans honte et sans œillères. Lorsque nos détecteurs de touche s’emballaient, les américains, pêcheurs ou pas, accourraient émerveillés. La pêche de la carpe, par rapport à la France, a 20 ans de retard. Mais les américains plutôt que de se méfier de la nouveauté s’enthousiasme immédiatement pour cette nouvelle pêche vraiment « fun ». La technique, le matériel, la remise à l’eau, bien que ce soit totalement nouveau, les a séduits. Les carpes sont nombreuses, faciles à prendre avec du matériel qui donne du plaisir. 60 millions d’américains sont prêts à basculer dans le carpisme, sans préjugés, sans états d’âme, sans blocage réglementaire.
Le maire à la pêche
Il y a un signe qui ne trompe pas sur l’ouverture d’esprit et sur la motivation des pêcheurs américains. Lors du Championnat des Etats Unis auquel nous avons participé, le maire de la ville s’est engagé. Il n’était pas carpiste, tout juste pêcheur. Mais comme il se passait quelque chose de nouveau il a voulu se faire son idée par lui même de ce que valait ce nouveau sport. Il savait qu’il serait confronté à des équipes aguerries venues des quatre coins des Etats Unis mais aussi de la « vieille Europe ». Il allait se ramasser, c’était joué d’avance, il le savait. Cela importait peu, il avait le souhait de découvrir la pêche de la carpe. Vous imaginez un seul instant qu’en France que le maire d’une commune de 300 000 âmes irait enfiler des waders et passer la nuit au bord de l’eau… en risquant un capot. Jamais de la vie ! Eh bien les frères Saraceni (le maire et son frère) ont pris leurs premières carpes et sont devenus carpistes. Nous leur avons laissé nos appâts et nos amorces en partant en sachant qu’ils en feront bon usage…
Toujours marquer contre son camp
En France, dès qu’une nouvelle pêche apparaît un admirable travail d’équipe s’opère pour en bloquer l’élan. Ce fut le cas avec la pêche de la carpe et cela continue de nos jours avec cette satanée interdiction de pêcher la nuit (évidemment aux Etats Unis on pêche la nuit…). Actuellement la pêche sportive des carnassiers aux leurres prend de l’essor et attire les jeunes générations vers les lacs et les rivières ? Il faut arrêter ça au plus vite… empressons nous de marquer contre notre camp.
Pêchons dans la douleur
C’est ce que semble se dire l’ONEMA qui vient de remplacer le CSP. Désormais un pêcheur au leurre qui utilise son moteur électrique sera sanctionné pour, accrochez vous bien (accrochez vous mieux que ça, c’est énorme) : pêche à la traîne. Que la pêche à la traîne soit interdite il y a de quoi s’étonner mais que pêcher au leurre soit vertement réprimandé, c’est vraiment un comble. Pêcheurs de carnassiers mes frères, comme nous carpistes, vous devrez pêcher dans la douleur et souffrir des aigreurs de nos dirigeants.
Le CSP qui disparaît, l’UNPF qui devient Fédération Nationale et se met à communiquer dans la presse grand public pour redorer l’image de la pêche… une brise fraîche soufflerait-elle sur la France ? Les publicités pour promouvoir la pêche son, comment dire, étonnantes. Bon, on ne voit pas de pêcheurs, pas d’eau (enfin si un petit coin d’eau croupie, si on cherche bien), évidemment pas de poisson et surtout pas de matériel de pêche (enfin si, je suis injuste, un lancer des années 70 traîne négligemment sur le ponton, comme oublié par son propriétaire… mais heureusement, personne n’y touche). Quand on n’est pas fiers d’être pêcheur, quand on est un pêcheur honteux, comment faire la promotion de la pêche ? Quand souffle le vent de l’immobilisme on a parfois honte d’être français. Mais toujours je serai fier d’être pêcheur… et nos dirigeants n’y pourront rien changer…
Stephane Gonzalez
(extrait de Media Carpe 76)
Quand souffle le vent… de l'immobilisme
Cela sonne comme le titre d’un mauvais téléfilm de TF1. C’est hélas plus grave : cela résume la situation de la pêche en France. Quand on y vit et qu’on ne regarde pas hors de nos frontières et ne s’en rend pas toujours compte. On s’habitue à tout, au pire, c’est là le drame.
Mais, quand on revient de 10 jours aux Etats Unis le contraste est saisissant à tous points de vue. On se demande si on a changé de pays ou changé de planète tant l’eldorado américain est éloigné du marasme français. Attention, je ne suis pas un pro américain, « American way of life » ne m’a jamais fait vibrer et le modèle de société promu par les Etats Unis dans le monde n’est pas ma tasse de thé… ni mon gobelet de Coca Cola. J’arrivais donc là bas avec une certaine défiance, presque une méfiance. Mais bien vite il nous a fallu admettre qu’au niveau de la pêche les américains sont drôlement bien lotis. D’ailleurs, le permis de pêche est vert, comme la fameuse « Green card » qui sert de carte de séjour, une espèce de sésame. Demanderons nous l’asile halieutique ?
Fiers et enthousiastes
Les pêcheurs américains sont fiers. Fiers d’être pêcheurs, fiers des valeurs que peut porter la pêche notamment sur la relation à la nature. Leurs rivières sont immenses, ne parlons pas de leurs lacs. Tout le monde pêche ou a pêché, sans honte et sans œillères. Lorsque nos détecteurs de touche s’emballaient, les américains, pêcheurs ou pas, accourraient émerveillés. La pêche de la carpe, par rapport à la France, a 20 ans de retard. Mais les américains plutôt que de se méfier de la nouveauté s’enthousiasme immédiatement pour cette nouvelle pêche vraiment « fun ». La technique, le matériel, la remise à l’eau, bien que ce soit totalement nouveau, les a séduits. Les carpes sont nombreuses, faciles à prendre avec du matériel qui donne du plaisir. 60 millions d’américains sont prêts à basculer dans le carpisme, sans préjugés, sans états d’âme, sans blocage réglementaire.
Le maire à la pêche
Il y a un signe qui ne trompe pas sur l’ouverture d’esprit et sur la motivation des pêcheurs américains. Lors du Championnat des Etats Unis auquel nous avons participé, le maire de la ville s’est engagé. Il n’était pas carpiste, tout juste pêcheur. Mais comme il se passait quelque chose de nouveau il a voulu se faire son idée par lui même de ce que valait ce nouveau sport. Il savait qu’il serait confronté à des équipes aguerries venues des quatre coins des Etats Unis mais aussi de la « vieille Europe ». Il allait se ramasser, c’était joué d’avance, il le savait. Cela importait peu, il avait le souhait de découvrir la pêche de la carpe. Vous imaginez un seul instant qu’en France que le maire d’une commune de 300 000 âmes irait enfiler des waders et passer la nuit au bord de l’eau… en risquant un capot. Jamais de la vie ! Eh bien les frères Saraceni (le maire et son frère) ont pris leurs premières carpes et sont devenus carpistes. Nous leur avons laissé nos appâts et nos amorces en partant en sachant qu’ils en feront bon usage…
Toujours marquer contre son camp
En France, dès qu’une nouvelle pêche apparaît un admirable travail d’équipe s’opère pour en bloquer l’élan. Ce fut le cas avec la pêche de la carpe et cela continue de nos jours avec cette satanée interdiction de pêcher la nuit (évidemment aux Etats Unis on pêche la nuit…). Actuellement la pêche sportive des carnassiers aux leurres prend de l’essor et attire les jeunes générations vers les lacs et les rivières ? Il faut arrêter ça au plus vite… empressons nous de marquer contre notre camp.
Pêchons dans la douleur
C’est ce que semble se dire l’ONEMA qui vient de remplacer le CSP. Désormais un pêcheur au leurre qui utilise son moteur électrique sera sanctionné pour, accrochez vous bien (accrochez vous mieux que ça, c’est énorme) : pêche à la traîne. Que la pêche à la traîne soit interdite il y a de quoi s’étonner mais que pêcher au leurre soit vertement réprimandé, c’est vraiment un comble. Pêcheurs de carnassiers mes frères, comme nous carpistes, vous devrez pêcher dans la douleur et souffrir des aigreurs de nos dirigeants.
Le CSP qui disparaît, l’UNPF qui devient Fédération Nationale et se met à communiquer dans la presse grand public pour redorer l’image de la pêche… une brise fraîche soufflerait-elle sur la France ? Les publicités pour promouvoir la pêche son, comment dire, étonnantes. Bon, on ne voit pas de pêcheurs, pas d’eau (enfin si un petit coin d’eau croupie, si on cherche bien), évidemment pas de poisson et surtout pas de matériel de pêche (enfin si, je suis injuste, un lancer des années 70 traîne négligemment sur le ponton, comme oublié par son propriétaire… mais heureusement, personne n’y touche). Quand on n’est pas fiers d’être pêcheur, quand on est un pêcheur honteux, comment faire la promotion de la pêche ? Quand souffle le vent de l’immobilisme on a parfois honte d’être français. Mais toujours je serai fier d’être pêcheur… et nos dirigeants n’y pourront rien changer…
Stephane Gonzalez
(extrait de Media Carpe 76)