Comme je le disais la fois dernière, au
détours de recherches sur le net, je suis allé me promener sur le site de
l'INRA. C’est là que j’ai pu commander un livre intitulé « 
nutrition et alimentation des poissons et crustacés » ( J.Guillaume, S
Kaushik, P Bergot, R.métailler, INRA Editions).

Parmis la multitude d’infos intéressantes, un
chapitre m’a conforté dans l’idée que l’appât a son importance, et
qu’il peut même, dans certains cas, être déterminant.

Voilà ce qui est écrit dans ce chapitre, page
45, intitulé « facteurs agissant sur l’ingestion volontaire »

« plusieurs expériences montrent que les
poissons sont capables de distinguer deux aliments.A l’aide de distributeurs
d’aliments à la demande, par exemple, il a été montré que la truite pouvait,
après deux jours d’apprentissage, faire la différence entre des aliments  à base de farine de poisson, et des
aliments à base de caséine, et de manifester une nette préférence pour les
premiers. Bien plus, dans certaines conditions, le poisson peut faire la
différence entre des aliments déficients ou non en nutriments essentiels.
Ainsi, la truite est capable en quelques jours, de détecter l’inversion de
distributeurs d’aliments déficients ou non en zinc. De la même façon, le bar est
capable de discriminer des aliments dont la teneur en méthionine est
différente. La capacité des poissons à distinguer deux aliments et à exprimer
une préférence pour le mieux 
équilibré n’a malheureusement été observé que chez peu d’espèces, et la
généralisation demeure hasardeuse. Par ailleurs, ce choix ne présage en
rien  de ce qui se passe lorsqu’un
aliment déficient est présenté seul. On pourra alors observer une augmentation
de l’ingéré volontaire, soit au contraire un refus de s’alimenter, selon le
degré de carence, et sans doute la 
nature des nutriments. »

Même s’il est vrai que ce passage ne s’adresse
pas spécifiquemnt à la carpe, il m’a ouvert les yeux sur un point.
Contrairement à ce que certains nous bassinent à longueur de temps, il est
possible qu’un poisson, et pourquoi pas la carpe, puisse montrer une préférence
pour un type d’appât. Mieux, si cette théorie était étendue à la carpe, -qui
rappelons le n’a pas la même valeur marchande que la truite ou le bar, ce qui
pourrait expliquer le manque de données sur cette espèce-il serait fort
probable que certains appâts soient refusés parce qu’ils ne conviennent pas au
poisson. De quoi écorner la théorie du au bon endroit au bon moment !

Les auteurs soulignent néamoins que « ce
choix ne présage en rien  de ce qui
se passe lorsqu’un aliment déficient est présenté seul. » Dans notre cas,
l’appât n’est jamais présenté seul, car la carpe a plus que le choix du plat
dans son milieu naturel.

Un autre passage de ce livre m’a plus
qu’intéressé, celui des appétance qui est un point primordial en aquaculture. A
bientôt…

 

 

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